Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy jouit d’une importante popularité, qui varie de 65 % à 70 % d’opinions positives. À partir du second semestre 2007, son image s’effrite dans l’opinion en raison, selon plusieurs sondeurs, d’un style jugé trop « bling-bling ». Dans le même temps, la cote de popularité de son Premier ministre, François Fillon, demeure à un niveau élevé, Nicolas Sarkozy gouvernant en « omniprésident » et prenant ainsi sur lui l’impopularité d’habitude réservée au chef du gouvernement. Cette situation atteint son paroxysme en mars 2010, lorsque Nicolas Sarkozy envisage de changer de Premier ministre ; après avoir envisagé de placer Jean-Louis Borloo à la tête du gouvernement, il renonce finalement à cette idée. Au cours de l’année 2010, la courbe d’impopularité de Nicolas Sarkozy dépasse le seuil des 70 %. En plus de la réforme des retraites, qui provoque une vague de manifestations, l’historien spécialisé dans l’analyse du discours politique Damon Mayaffre relève la mise en place du bouclier fiscal comme facteur explicatif de cette impopularité. À plusieurs reprises, le président revient à la politique intérieure et au « thème refuge » de l’insécurité afin de ressouder son électorat, d’après les commentateurs politiques.

Philip Gourevitch (en), journaliste pour le New York Times s’intéressant à la politique française, estime que « ce qui rebute les Français, ce n’est pas tant sa politique que son style ». Le « style » de Nicolas Sarkozy semble en effet être un élément important de sa baisse de popularité durant son quinquennat. À titre d’exemple, les événements étant intervenus dans sa vie privée (le divorce avec son épouse Cécilia, son remariage avec Carla Bruni) ont pu embarrasser les personnes âgées, plus conservatrices et généralement soutiens de la droite. L’Encyclopædia Universalis note à ce propos que « le style présidentiel, se voulant résolument plus décontracté, moins guindé, voire un peu familier, a été discrètement corrigé après avoir franchi les limites du supportable aux yeux de l’opinion lors de certains voyages privés ». Son activisme politique, en particulier en matière de politique étrangère, et notamment ses efforts pour sauver l’Union européenne de la crise, n’augmente pas durablement sa cote de confiance. L’impopularité du président apparaît progressivement comme s’étant cristallisée, en particulier à la suite des difficultés économiques de longue durée rencontrées à la suite de la crise économique1. Plusieurs analystes voient dans ce problème de « style » un élément déterminant de l’échec de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012, son adversaire ayant été élu « par défaut ».