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« Rien n’indique que Hamed ait l’ambition de devenir président, précise Omer Kan, qui, avec Yolande Bakayoko, le connaît sans doute le mieux. Pour l’instant, il observe. Mais il faudra que l’on m’explique pourquoi, si le RHDP fait les choses correctement pour 2020, il ne serait pas le candidat idéal. Son bilan parle pour lui, il est encore jeune et apprécié de la jeunesse de ce pays ; c’est quelqu’un de simple, qui connaît le monde politique comme celui des affaires. C’est aussi le seul, à l’exception d’un Tidjane Thiam peut-être, qui puisse glaner des voix partout, au RDR comme au PDCI, dont il est issu, au FPI [Front populaire ivoirien], etc. »

Un fin connaisseur du sérail se veut plus nuancé : « Il a beaucoup progressé, certes, mais il n’a pas encore une image compatible avec celle que l’on se fait d’un chef d’État, notamment à cause de son passé de golden boy. Il peut facilement s’emporter et commettre des erreurs. Et puis tout le monde s’excite sur lui ou sur Soro, mais qui vous dit qu’ADO n’a pas fait un autre choix ? »

L’équation 2020 recèle il est vrai de nombreux paramètres que personne ne maîtrise véritablement. Quid du supposé « deal » entre ADO et Bédié qui voudrait que ce soit au tour du PDCI d’être au pouvoir ? Les militants de ce dernier accepteraient-ils une nouvelle fois de laisser passer le train ? Si Alassane désignait son dauphin, un Amadou Gon Coulibaly par exemple, arriverait-il pour autant à imposer celui-ci aux électeurs ?

Dans quel état sera l’opposition, notamment le FPI de Pascal Affi Nguessan, qui aura forcément un impact sur le scrutin ? « 2020, c’est encore loin, il peut se passer beaucoup de choses d’ici là », analyse Bruno Koné, porte-parole du gouvernement. Mais, quoi qu’il arrive, « Hambak » aura son mot à dire. Peut-être aussi se projette-t-il au-delà, en 2025 par exemple. Après tout, il n’aura que 60 ans…

Pendant ses études, il a dirigé le journal du collège moderne d’Adjamé et assume des responsabilités à la tête de plusieurs associations estudiantines, dont l’Amicale des élèves et étudiants ivoiriens au Burkina Faso en 1986 et la Jeunesse estudiantine et scolaire du PDCI en 1990.

À 25 ans, il devient directeur de publication du quotidien Le Patriote, puis trois ans plus tard, prend les commandes de la radio Nostalgie en Côte d’Ivoire. En 2000 il devient PDG de Nostalgie Afrique.

Membre du RDR, il est ministre de l’Intérieur de Côte d’Ivoire depuis fin 2010 (gouvernement Soro I et Soro II). Il était précédemment ministre des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), depuis mars 2003.

Le , il est reconduit comme ministre de l’Intérieur dans le nouveau gouvernement de Jeannot Kouadio-Ahoussou.