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ENVIRONNEMENT – La COP 21 qui se tiendra à Paris-Le Bourget du 30 Novembre au 11 Décembre 2015 réunira près de 40 000 participants, un évènement diplomatique sans précédent pour la France.

La COP 21, une conférence pour remplacer le protocole de Kyoto

La 21ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), plus communément appelée COP 21, est l’une des plus grandes conférences climatiques. Et pour cause : pas moins de 40 000 personnes y sont attendues dont des délégués représentant chaque pays, des observateurs et des membres de la société civile. L’objectif est de trouver un accord pour que le réchauffement climatique se limite à 2 degrés par rapport à 1870, un réel défi pour la planète si l’on en croit le dernier rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). En effet, les prévisions annoncées pour 2100 n’y sont pas très favorables, estimant que la hausse des températures pourrait aller de 0,3 à 4,8°C. La COP 21 vise à remplacer le protocole de Kyoto, établi suite à la COP 3 qui s’est tenue le 11 Décembre 1997. Prolongé fin 2012, ce protocole engageait les pays industrialisés signataires à réduire de 5% leurs émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012, un accord qui s’est montré globalement positif. Au terme de la COP 21, un nouvel accord devrait voir le jour pour prendre effet dès 2020.

Le rôle de la France n’est pas à minimiser

Organisatrice de la COP 21, la France a cette année une lourde mission. Dans un premier temps, elle devra s’acquitter avec brio de son devoir d’accueil en offrant à l’ensemble des participants les meilleures conditions de travail, de transport et d’hébergement. Elle devra également orchestrer les différents débats qui se tiendront pendant la conférence en maintenant un climat favorable aux négociations. La tâche est loin d’être facile car les représentants des 196 pays signataires de la CCNUCC sauront revendiquer leurs propres intérêts et défendre avec ferveur leur point de vue. Le poids des prévisions du GIEC pèse également lourd sur les épaules de la France, car pour atteindre l’objectif fixé, des mesures contraignantes doivent être trouvées. Le nouvel accord universel pourrait comprendre deux volets de négociation : la lutte efficace contre le dérèglement climatique d’une part, et la nécessité d’évoluer rapidement vers des sociétés et des économies plus sobres en carbone.

Les points clés des négociations

Pour que l’accord ait une réelle valeur, il faudra notamment qu’il permette d’avoir un certain équilibre entre les efforts déjà réalisés par les sociétés contre le dérèglement climatique et l’atténuation engendrée par certaines mesures pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Si les besoins et les capacités propres à chaque pays ne sont pas pris en compte, la COP 21 ne s’avérera pas très concluante. Toute la base de travail repose sur le protocole de Kyoto. Toutefois, ce traité ne pourra vraisemblablement être repris comme tel car les pays développés et les pays en développement y ont clairement été séparés, rendant les premiers responsables des émissions de gaz à effet de serre. Avec sa forte croissance, l’Inde ne peut plus être considéré comme un pays à part, de même que la Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre. En se référant à nouveau au rapport du GIEC, les émissions mondiales devront être réduites de 40 à 70 % pour espérer pouvoir limiter la hausse des températures à 2°C d’ici à 2050. Pour cela, tous les pays doivent faire des efforts. Afin de permettre un réel contrôle des émissions et du respect de ses engagements, un système de surveillance, notification et vérification (MRV : Monitoring, Reporting and Verification) devra être mis en place. Enfin, de grandes négociations devraient également porter sur l’aide promise par les pays avancés pour les pays en voie de développement, une décision prise à Copenhague en 2009 pour motiver et donner les moyens à l’ensemble du globe de s’investir dans une politique de réduction des émissions.

La conférence devrait coûter 170 millions d’euros dont 20% devrait être pris en charge par des entreprises françaises et étrangères partenaires, un prix qui « n’est finalement pas très élevé » selon le secrétaire général de la COP 21, Pierre Henri Guignard, eu égard du nombre exceptionnel de participants et de la durée relativement longue de l’évènement (15 jours).