Aurélien-Véron

Lettre étonnante du Maire de Colombes à la suite de la démission d’Anne Bourdu, première vice-présidente du PLD de sa majorité

Ma réponse :

Madame Le Maire,

Votre message soulève bien des interrogations. Devrais-je surveiller les agissements de ma Première Vice-Présidente, suivre son agenda pour m’assurer qu’elle se comporte bien et ne rencontre aucun socialiste ? Il semble que cette pratique soit tolérée, pour ne pas dire encouragée dans votre mairie où les messages personnels sont lus avec attention dans le dos de leur auteur et de leur destinataire. Je m’étonne que vous n’ayez pas daigné donner suite à tous les messages que votre adjointe vous a adressés pour faire constater ou au moins permettre les opérations de constat de l’infraction qu’elle dénonce. Je m’étonne que vous ayez procédé à des retraits de délégation aux victimes de cette violation qui ont cherché le soutien de leur Maire et de leurs collègues de la majorité. Il y a peut être une logique de votre part, votre parti a bien voté la loi Renseignement qui autorise ces intrusions administratives à grande échelle pour de multiples motifs. Et pourtant cette loi liberticide était celle d’un gouvernement socialiste. Comme quoi, vous acceptez que les alliances transgressent les lignes quand il s’agit de violer notre intimité de citoyen et de rogner un peu plus nos libertés.

En tant que citoyen, j’ose espérer que vous ne dirigez pas votre mairie dans une perspective partisane. L’intérêt général n’est ni de droite, ni de gauche. Et je n’imagine pas que vous interdisiez à vos adjoints de parler à des socialistes, voire d’avoir des amis socialistes. Vous savez, je connais moi-même des socialistes ; et même des communistes. Ils sont très bien. Ils ont cinq doigts comme vous et moi, deux yeux et un cerveau. Nous ne sommes pas d’accord sur le plan politique, mais nous pouvons travailler sur un même projet de proximité. A Metz, le maire socialiste Dominique Gros a même confié sa commission des finances à un élu municipal d’opposition, vous rendez-vous compte ? La transparence n’a pas de frontière partisane.

Vous me parlez de probité, j’en suis fort aise. Votre formation compte dans ses rangs – particulièrement dans les Hauts-de-Seine – des maires condamnés (parfois à de la prison) pour prise illégale d’intérêt, favoritisme dans l’attribution d’un marché public et j’en passe. Je cherche toujours vos condamnations de ces comportements indignes d’une démocratie libérale. Oubliez les rumeurs, les ouï-dire, gardez vos leçons de morale injustifiées. L’image de mon parti, Anne Bourdu et moi-même nous en chargeons, occupez-vous de celle du vôtre qui en a bien besoin avec les multiples affaires qu’il doit porter devant les tribunaux.

J’ai une confiance totale en Anne Bourdu, par conséquent je respecte ses choix. Elle respecte les Français avant de se plier au jeu malsain des postures politiciennes dont les électeurs ont ras-le-bol. Elle est droite dans ses convictions, et c’est comme ça que je vois la politique. Et si elle ne fait plus partie de votre majorité à la mairie, ce n’est pas pour autant qu’elle compte devenir socialiste. Il semble qu’il ne soit pas inutile que le centre et la droite aient une autre expression à ce conseil municipal que votre gestion hégémonique. Le monde n’est pas blanc ou noir. Elle est libérale, et a une éthique. Je suis à votre disposition pour vous en expliquer le sens.

Je dois enfin vous avouer que c’est pour des femmes comme elle que j’ai fondé le Parti Libéral Démocrate.

Aurelien Veron
Président