Dans l’entourage de Wall Street le consensus consiste à dire que Marine Le Pen ne sera pas la prochaine présidente de France. Mais néanmoins pas tout le monde n’est totalement d’accord sur cette certitude.

Un analyste stratégique de Goldman Sachs affirme que le marché financier est un peu trop confiant dans ses certitudes concernant cette prochaine élection de la deuxième plus importante économie de l’eurozone en ayant prévenu ses clients par mail « l’hypothèse de base consistant à affirmer qu’elle ne sera pas présidente est au mieux naïve et au pire négligente ».

Bobby Vedral, le responsable mondial du groupe Goldman’s MarketStrats, a en effet envoyé une note à ses clients cette semaine avec une analyse précise démontrant que la populiste Marine Le Pen peut parfaitement obtenir 50 % des votes au second tour de cette élection.

« La rectitude politique conduit les gens à mentir dans les sondages. Vedral soupçonne beaucoup de personnes de ne pas admettre qu’ils vont voter Le Pen qui est intransigeante contre l’immigration et en particulier contre l’immigration musulmane. Les candidats dits « populistes » bénéficient donc d’un « vote timide ».

Le résultat de l’élection pourrait se répercuter bien au-delà de la France: Le Pen a appelé le pays à quitter l’Union européenne. Une telle mesure pourrait s’avérer fatale pour le bloc, qui a déjà été ébranlé par le vote britannique l’été dernier de quitter l’UE.

Si deux tiers des indécis reportent leur vote sur Le Pen dit Vedral, elle sera alors très proche de la victoire. Alors que la moyenne de participation est de l’ordre de 80 %, Marine Le Pen bénéficie d’un socle électoral indéfectible de 85 %. Si Macron n’a lui au contraire qu’un socle de 75 %, Marine Le Pen pourrait alors devenir la prochaine Présidente de France.

Les sondages politiques se sont montrés très inexacts ces récentes années notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni (ndlr : 10 points de retard pour le « Leave » la veille des élections)

Traduction FDS de CNBC