Pensez-vous que la dernière manifestation contre le mariage pour tous, et les précédentes, témoignent aussi d’une opposition au gouvernement actuel ?

 

Oui, parce qu’il y a une certaine confusion dans les mots d’ordre de cette manifestation. Il y a une opposition à la loi du mariage homosexuel et puis des mouvements politiques qui ont récupéré cela contre le gouvernement, c’est évident.

 

Que pensez-vous de l’intrusion au sein de la manifestation de mouvements d’extrême droite ?

 

C’était très largement prévisible puisque dans l’opposition au mariage pour tous il y a bien évidemment beaucoup de mouvements d’extrême droite qui sont clairement homophobes. Personne n’a rien fait pour les empêcher, d’ailleurs cela était difficile.

 

Pensez-vous que cette opposition à la loi Taubira va retomber dans quelques mois ou quelques années et qu’il n’y aura plus aucun débat à son propos ?

 

Oui, bien sur, cela va retomber. Il y a tout un cinéma autour de cela aujourd’hui mais contrairement à ce que certaines personnes croient, leurs propres droits et libertés ne sont pas menacés par cette loi. Et plus encore, la question de la famille n’est pas menacée.

 

Des débats vont néanmoins naître sur la PMA et la GPA dans l’avenir.

 

Les choses sont mieux faites que pour le mariage pour tous pour lequel il n’y a vraiment pas eu de débat national et pas de concertation. Avec la PMA et la GPA on n’est pas dans la même logique parce que le travail qui est mené par le professeur Ameisen est beaucoup plus constructif. La PMA est un sujet qui pose des questions pour toutes les personnes, qu’elles soient homosexuelles ou non. Quant à la GPA, je crois que c’est une porte qu’il ne faut pas ouvrir. J’y suis opposée pour des questions éthiques. Dans les pays où cela a lieu, on constate que malheureusement c’est très délicat de pouvoir apporter toutes les garanties dans ce domaine.

 

 

L’opposition au mariage pour tous vient-elle en grande partie du manque de concertation que vous évoquez ?

 

Il y a eu une instrumentalisation et une politisation très forte du débat qui a été voulu par le gouvernement. Si on fait le parallèle avec le sujet encore plus délicat de la fin de vie pour lequel il y a eu un débat qui s’est passé tout à fait correctement, on voit bien qu’il y a moyen sur des sujets explosifs de mener un débat et de ne pas en arriver là. La France n’est pas un pays libéral mais j’ai été étonnée de voir la vigueur des propos opposés au projet de loi du mariage pour tous. Certes il y a des catholiques qui sont contre la contraception, le divorce et qui sont dans une logique complète mais il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas ces points de vue et qui sont homophobes.

 

Pensez-vous que le courant de la Droite forte opposé au mariage pour tous va prendre de l’ampleur au sein de l’UMP ?

 

Je ne suis plus à  l’UMP et je ne vais pas commenter ce qu’il s’y passe, cependant cette vision prend de plus en plus de place au sein de l’UMP mais aussi dans notre pays.

 

Qu’ambitionnez-vous à l’UDI pour les prochaines élections municipales ?

 

Notre but à terme est d’être le premier parti d’opposition. Pour les élections nous nous positionnons essentiellement sur les villes moyennes. Nous voulons montrer que l’on est capable d’avoir un projet alternatif.

 

 

Quel rôle doit jouer le Parti libéral démocrate au sein de l’UDI ?

 

Le parole des libéraux en France est peu représentée et portée. Il y a quelques libéraux dans le domaine économique mais ils sont rares sur les questions de société. Il faut orienter le projet dans le sens d’une alliance de ces deux visions parce que le libéralisme sociétal est vraiment un facteur de progressisme. Or ce que l’on met en avant à l’UDI, ce que porte Jean-Louis Borloo, c’est le mot de progressisme.

Aude lemoine