François Hollande a prononcé ses vœux le 31 décembre à 20 heures piles et ce n’est qu’aujourd’hui, le 12 janvier 2014, que je parviens enfin à rédiger un commentaire, c’est vous dire à quel point je suis resté dubitatif sur le contenu surtout dans le tumulte des opérations de diversions simultanées.

Oublions, donc, rapidement Dieudonné et ses pitoyables « quenelles » auxquels Manuel Valls, oubliant en cette occasion que ce qui est excessif est insignifiant, volontairement ou non, a donné l’importance d’une « Affaire d’État devenue personnelle ».

Glissons, pudiquement, sur le pseudo scoop de la relation cachée, mais pas trop, et divulguée fort à propos pour occuper les médias qui, tout en s’en défendant, ne parlent que de ça alors que, de leur côté et à en croire les sondages, les Français expriment le fait que cette info leur en « touche une sans faire bouger l’autre »…

Peut-être ont-ils bien d’autres soucis et peut-être les placent-ils, eux, au-dessus d’une ceinture à laquelle ils sont obligés de faire sans cesse de nouveaux trous afin de se la serrer encore et encore. Dans cette optique, des quenelles Dieudonnesques ou des frasques Présidentielles… Pfffff !

Alors, pour en revenir aux fondamentaux, j’ai, non seulement écouté les vœux de François Hollande, mais je les ai enregistrés. Pas par conviction, mais pour pouvoir les décortiquer, tranquillement, à tête reposée et je reconnais qu’à l’image des panneaux que la SNCF place le long des voies ferrées, j’ai un moment eu l’envie d’intituler cet article « Attention danger, un Président peut en cacher un autre ».

Cela fait tout de même douze jours que je cherche, en vain d’ailleurs, ce que peut bien signifier le concept économique du « Socialisme de l’Offre »… Pourrait-il s’agir des prémisses d’une évolution salutaire vers un « Socialisme de l’Offre et de la Demande » qui nous serait annoncé, dans un an, à l’occasion des prochains vœux présidentiels. Et pourquoi ne pas rêver, le 31 décembre 2015, d’en arriver au « Libéralisme Social de l’Offre et de la Demande »…

Si tel est le cas, notre Président, en assumant pleinement et ouvertement le fait d’être un Social-démocrate, peut représenter une très grande chance pour la France à la condition, bien évidemment, que l’extrême gauche lui en laisse la possibilité mais, là, je ne miserais pas ma chemise, ni oublier une Droite qui, préférant casser son jouet plutôt que de le prêter, s’opposerait à voir faire ce qu’elle a toujours voulu faire mais qu’elle n’a pu faire à cause de ceux qui finiraient par le faire, mais reconnaissons qu’il serait pour le moins croquignolet de voir la France s’en sortir et gagner tout simplement parce que le Capitaine de l’équipe aurait marqué contre son camp….

Et pourtant, qui peut nier le fait qu’il est impératif de redonner de la compétitivité à la France pour inverser, véritablement, la courbe du chômage ? Mais qui, de l’électorat socialiste traditionnel, va accepter d’être la branche qu’il faut couper ou rabattre pour desserrer les freins de l’économie et qui va admettre, de gaité de cœur, d’en revenir aux 39 heures hebdomadaires pour le même salaire ?

Ceci étant, comme je ne peux pas supposer une seule seconde que, brutalement un matin, il se soit réveillé « social libéral » et qu’il ait eu la volonté de nous faire partager sa brusque « révélation » un 31 décembre, je crains plutôt d’y voir le résultat d’un diktat Européen au vu de chiffres qui continuent à s’aggraver et de réformes structurelles qui se font désirer, autrement dit une forme de dernière chance avant une très peu honorable mise sous « tutelle ».

Certes, je ne peux l’affirmer mais il suffit, pour ne pas rejeter cette éventualité d’un simple revers de main méprisant, de lire le très clair AVIS DE LA COMMISSION [EUROPÉENNE] du 15.11.2013 concernant le projet de plan budgétaire de la France pour 2014 ( un fichier pdf de 64 Ko ) ou de lire le texte de l’interview, dans La Tribune du 9 janvier 2014, du premier vice-président de la Banque Européenne d’Investissement qui, de son côté, se félicite des 7,8 milliards de prêts accordés à la France en 2013, constituant un record après les 4,3 de l’année 2012. Ceci confirmant le fait que si nous continuons d’emprunter auprès du « bras armé » de l’Europe et qu’il nous prête, ce n’est pas, bien évidemment, sans quelques engagements en retour dont le vague indice constitué par l’accélération du calendrier budgétaire du triennal 2015-2017 et l’anticipation prévisible d’un certain nombre de « lettres plafond »

M.BERR