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Le Conseil d’Etat suspend l’arrêté municipal de Villeneuve-Loubet interdisant le burkini à la plage. Cette décision ne suspend pas les arrêtés pris dans les autres villes mais va servir de jurisprudence pour la suite.

Le feuilleton indigeste de l’été nous a concocté des rebondissements autour d’un uniforme qui affiche ouvertement sa radicalisation  et son mépris d’un gouvernement qui, depuis des décennies, n’a cessé de dédouaner  une partie de la population, lui trouvant des circonstances atténuantes, jouant sur le côté victimaire d’un passé colonial révolu.

L’islam a fait un bond prodigieux depuis les années 2000 dans notre quotidien, se jouant de la loi sur les signes ostentatoires dans la sphère publique, tout en sachant pertinemment, que nos gouvernants de droite comme de gauche marcheraient sur les œufs d’un prosélytisme invasif qu’il ne faut surtout pas choquer pour cause d’élections futures.

Malheureusement, nous constatons que l’Etat, qui aime s’immiscer dans la vie domestique de ses ouailles, s’est fourvoyé dans un imbroglio vestimentaire qui le dépasse totalement.

Et pour cause, il ne s’agit pas là d’interdire une indécence quelconque, mais bel et bien de lutter contre un militantisme religieux qui s’efforce de prendre pied en nous mettant devant le fait accompli.

 Grignotage, vous avez dit grignotage ! Que sera la seconde étape : des plages réservées aux femmes musulmanes? Les piscines se sont déjà mises à la page islamique dans certaines villes.

En 2012, le candidat du MoDem François Bayrou, lors d’un forum sur « l’égalité entre les sexes », en totale contradiction avec le thème choisi, avait apporté son soutien à un dispositif prévoyant des plages horaires réservées aux femmes dans les piscines municipales.(1)

Récemment sur RTL nous avons pu assister à un dialogue surréaliste avec l’imam A Mamoun qui a répondu, très justement d’ailleurs, à une auditrice portant le burkini. L’imam soulignant sa pudicité lui demanda si elle n’était pas dérangée par des hommes et des femmes dénudés, portait-elle des œillères ?

La réponse d’une simplicité enfantine nous laissa pantois : Quand elle va à la plage, une burkiniste regarde….la mer, ses enfants, point barre !  Elle fait donc abstraction de ces kouffars obscènes offrant leurs corps au Dieu Soleil. Hérésie !

La burkiniste ne craint rien, elle protège sa chasteté, comme l’écrit si bien Rachid Barnat* puisque le corps de la femme est assimilé à un objet sexuel. Pire ! Que les parties de leurs corps sont honteuses et doivent être cachées les préservant ainsi de la lubricité des hommes.

Nous flirtons là avec un retour fracassant du moyen-âge, un retour vers des temps obscurs que nous pensions révolus. Une néo-inquisition qui n’est pas « une mode » demain dépassée. Le burkini est plus sournois qu’il n’y paraît. C’est une « assimilation » par la vision salafiste de notre société, c’est un impérialisme religieux qui, après avoir infecté les banlieues, et essayé les piscines, s’attaque aux stations balnéaires.

La poussée islamique n’a plus de limite, sous-estimée par des gouvernants nihilistes croyant l’endiguer sous forme de cajoleries diverses, celle-ci ressort plus forte que jamais s’appuyant sur nos lois et nos institutions pour gagner en légitimité.

La décision du Conseil d’Etat, dans sa conception trop occidentale de la chose religieuse, vient de mettre le doigt dans un engrenage prophétisé par Houari Boumedienne :   « Des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Ils n’iront pas en tant qu’amis. Ils iront pour le conquérir, et ils le feront en le peuplant avec leurs fils. C’est le ventre fécond de nos femmes qui nous donnera la victoire. »

 

Sources :

 

*Rachid Barnat http://www.kapitalis.com/proximite/53-societe/5831-les-tunisiennes-envoilees-liberte-retrouvee-ou-nouvel-asservissement.html

 (1) lemonde.fr 2012

Geneviève Frixon