A la suite du résultat du référendum de 2016, les 500 km de frontière entre les deux Irlandes pourraient bientôt devenir une frontière extérieure de l’union, avec de multiples conséquences pour les deux parties de l’île. Les négociations sur le Brexit abordent cette question clé.

Le risque d’un durcissement de la frontière

Après 20 ans de paix relative en Irlande, le nord et le sud de l’île sont étroitement liés. Les postes de contrôles et les miradors ont disparu et des dizaines de milliers de personnes font la navette tous les jours. Une zone commune de voyage a été mise en place entre ces deux pays qui ne font pas partis de l’espace Schengen.

Des patients de la République d’Irlande reçoivent de la radiothérapie en Irlande du Nord et des enfants de Belfast vont se faire opérer du cœur à Dublin. Environ un tiers du lait produit au Nord est transformé au sud et 40% des poulets élevés au sud sont conditionnés au nord.

La Guiness est brassée à Dublin mais traverse la frontière pour être mise en bouteille avant de revenir au sud pour être exportée. Le marché de l’électricité est unifié et opère dans toute l’île. Depuis l’accord de paix en 1998, un seul organisme touristique fait la promotion de l’Irlande du Nord et de la République.

C’est donc tout le fonctionnement de l’économie et de la société qui risque d’être remis en cause par le Brexit. Dans leur résolution d’avril et celle qui sera votée le 3 octobre prochain, les députés européens insistent sur le fait que les négociations du Brexit doivent absolument empêcher un durcissement de la frontière.

« Cette frontière avait créé du chao, de la haine et de la violence. La réduire à une ligne sur une carte a été une réussite majeure. » a déclaré le coordinateur du Parlement européen Guy Verhofstadt aux membres du Parlement irlandais à Dublin le 21 septembre. « Nous ne permettrons jamais que l’Irlande souffre de la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE. »

La question de la citoyenneté européenne

Selon l’accord paix du Vendredi Saint, toutes les personnes nées en Irlande du Nord ont droit à la citoyenneté irlandaise et donc à la citoyenneté européenne.

Dès le déclenchement de l’article 50 en mars 2017, le Parlement européen s’est inquiété des conséqunces du Brexit pour l’Irlande et a souligné l’importance de préserver l’accord de paix. Sa position est qu’ « aucun obstacle ou entrave » ne devra empêcher les Irlandais du Nord d’exercer pleinement leur citoyenneté européenne.

L’Union Européenne a déclaré qu’elle souhaite voir des progrès significatifs sur trois sujets spécifiques avant de commencer les discussions sur les futures relations avec le Royaume-Uni. Ces trois questions sont les droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni, la facture de sortie et l’Irlande.

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