Officiellement « Revue stratégique de la politique monétaire européenne ». Comme toute nouvelle dirigeante arrivant dans une organisation existante, Christine Lagarde veut savoir à quoi elle aura affaire et à qui. 

Dans son premier discours en temps que présidente de la Banque centrale européenne, devant des banquiers à Francfort, Christine Lagarde n’a pas fait la révolution. Loin de là, elle a pris ses précautions, pour continuer dans la tradition de son prédécesseur. Car l’audit en question nous dira qu’il faut continuer d’afficher des taux bas pour soutenir l’économie. Spécialement parce que les taux sont bas, la nouvelle présidente de la BCE voit les pays d’Europe lancer plein de nouveaux investissements. C’est du « monitoring », c’est-à-dire surveiller et mettre en avant les résultats obtenus de ce qui a été fait, ce qui n’est pas une mauvaise chose que les Européens se donnent un point de vue sur leur situation, si tant est qu’il soit juste.


On sait que son premier cheval de bataille sera celui de la stabilité des prix, parce qu’elle sait que c’est la mission de la BCE, mission que d’ailleurs, malgré ce qui peut être dit, l’institution arrive à porter à bien depuis 2018 avec un retour d’une inflation autour de 2% (on les a atteints en 2018, on sera autour de 1,5% en 2019). Ce qui sera intéressant, c’est d’avoir son point de vue sur la nécessité d’un objectif à 2%. Qu’elle nous dise, si elle veut respecter cet objectif, ce qui la pousse, en justification économique, à le faire.

Et si, avec un tropisme américain prononcé, elle veut ajouter un deuxième objectif à la Banque Centrale Européenne, celui de porter la croissance, il faudra aussi qu’elle justifie d’une part, mais qu’elle se donne les moyens d’y arriver. Car l’objectif de la croissance est directement lié à la politique budgétaire, celle des investissements, chers à Mme Lagarde d’ailleurs, mais sur lesquels, en tant que présidente de la banque centrale d’une union monétaire, elle n’a pas encore la main.