Bayrou n’a pas résisté. Il a fallu qu’il laisse s’exprimer la caricature de politicien qu’il est. Lui qui se pose en donneur de leçon de morale politique depuis l’ennui de tant, il vient une fois de plus de nous montrer que l’appel de l’ivresse des flashes et des ors de la république est plus fort que son intégrité.

Cela a dû pourtant lui coûter, à en juger par les mots doux qu’il avait envers son nouveau maître il n’y a encore que quelques jours ou semaines. Quoi ? Voir un freluquet sorti des banques qu’il exècre lui ravir cette place au centre dont il fantasme depuis trois présidentielles ? Faut-il donc que le besoin et la promesse d’ivresse soient de la taille d’un Everest. Ou que Macron soit un excellent manœuvrier.

Car pour Macron, Bayrou n’est certainement qu’un « à-Pau » qu’il s’agit de laisser frémir et s’agiter pour récolter quelques maigres pigeons qui viendront renforcer son fragile édifice de circonstance.

En effet, fait d’ivresses comparables, En Marche, c’est une espèce de « surprise partis ». Les discours de Macron sont faits de papier tue-mouche, la glue empoisonnée emprisonne toute personne qui ne raisonne qu’en termes de mirages et de sondages. Mais de programme, point : cela nuit au centre qui n’aime que les cons promis et l’illogique floue pour mieux flouer ceux qui cherchent les Lumières.

Si les prévisions stratégiques des deux compères devaient s’avérer exactes, Maycrou devrait se retrouver face à face avec Marine, et ils parient bien sûr qu’elle finira en pull au fond de la piscine.

Imaginez alors la gueule de bois de tout ce petit monde après la fête du joli mois de mai. Une fois la distribution des maroquins comme récompenses, comment tous ces ronds-de-cuir vont-ils donc faire pour travailler ensemble ? On peut être optimiste et parier que les tensions internes les conduiront à l’immobilisme, ce qui nous éviterait d’autres surprises en partie. Ou bien, plus cyniques, on peut imaginer un Macron profiter du brou-ha-ha pour s’imposer et gouverner à grand coups de 49.3. Mais dans ce cas, ce serait pour mener quel programme, si ce n’est celui d’un centre de toxicos ?

Une chose est sûre, dans une telle hypothèse, notre François (celui de Pau) saura vite reprendre son rôle de mollasson faussement moralisateur ravi de paraître et de louvoyer au sein de la nasse. Mais sans aucun doute, sans jamais se soucier de l’humanisme dont il se revendique pourtant.

PS : Ce billet ne dit pas grand-chose, il est plein de phrases creuses. Ce n’est pas un hasard. C’est pour être plus au centre des ébats.

S. Geyres