La popularité d’Emmanuel Macron connait une chute sensible ce mois-ci, tout comme celle de son Premier ministre, un mouvement qu’on peut notamment mettre sur le compte d’une opposition renforcée à droite comme à gauche. Parmi les ministres du Gouvernement, Nicolas Hulot ne semble pas pénalisé par les accusations récemment portées contre lui, alors que Gérald Darmanin connait une progression de sa notoriété – mais aussi des opinions défavorables à son égard. A droite, le nouveau président des Républicains bénéficie d’une popularité en hausse auprès de l’ensemble des Français, mais aussi et surtout dans son propre camp.

La cote de popularité d’Emmanuel Macron décline pour la première fois en six mois, et le Président perd sa place de personnalité politique la plus populaire acquise le mois dernier : il recule de 5 points et atteint 35% d’opinions favorables. A ce stade de son mandat, Emmanuel Macron atteint donc un niveau de popularité proche de ceux de François Hollande en février 2013 (36%) et de Nicolas Sarkozy en février 2008 (39%) – seul se distinguait Jacques Chirac en février 2003 (62% de popularité), porté par sa position lors de la crise irakienne.
Cette chute a notamment lieu au sein des catégories sociales les plus fragiles, aggravant un clivage social déjà très marqué : 27% (-7 points) auprès des employés, 27% (-6 points) chez ceux qui disposent d’un niveau d’études inférieur au baccalauréat (-11 points) ou encore 20% (-10 points) au sein des foyers ayant les plus faibles revenus mensuels.

On constate aussi une dégradation très nette de l’image présidentielle auprès des sympathisants LR (36%, -13 points) et PS (36%, -9 points). Dans un contexte où la visibilité de Laurent Wauquiez s’est accrue, portée par des thématiques qui entrent en résonnance avec les préoccupations des Français (notamment sur le pouvoir d’achat) et où l’opposition des principaux dirigeants socialistes se fait plus marquée à l’approche du congrès du PS, cette dégradation traduit probablement une remobilisation de ces deux camps respectifs.

Dans une moindre mesure, la cote de popularité du Premier ministre continue à faiblir légèrement et s’établit à 34% (-1 point) d’opinions favorables contre 51% de jugements défavorables (+2 points).

Laurent Wauquiez bénéficie d’une popularité qui progresse nettement, notamment au sein de son camp
Bénéficiant d’une forte visibilité médiatique depuis son élection à la tête de LR, Laurent Wauquiez gagne en notoriété : seuls 25% des Français n’ont pas d’opinion à son égard, contre 32% en novembre dernier, avant son élection. Surtout, sa popularité progresse légèrement auprès du grand public : +4 points à 17%. Le leader des Républicains n’en reste pas moins à la 26ème place sur 33 du classement des personnalités testées dans le baromètre. Ce rebond est principalement porté par les sympathisants LR : il gagne parmi eux 18 points d’opinions favorables et séduit désormais plus d’un sympathisant sur deux (52%). De même, pour cette cible, il se situe en 5ème position (+ 4 places) des 33 personnalités testées.

L’image de Nicolas Hulot reste globalement stable et il retrouve sa place de leader politique
Malgré les accusations portées contre Nicolas Hulot, il retrouve sa place de première personnalité politique avec 40% d’opinions favorables (+1 point). Dans le détail, le Ministre fait un bond de 15 points auprès des sympathisants de la France Insoumise, passant de 29% à 44% d’opinion favorable, l’abandon du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes ayant sans doute contribué à cette hausse.

Suite aux scandales, Gérald Darmanin subit un changement d’image assez marqué
En revanche, si le taux d’opinion favorable envers Gérald Darmanin reste stable (14%) malgré les accusations récentes faites à son encontre, on remarque tout de même un glissement d’une partie de l’opinion. En effet, le ministre de l’Action et des Compte publics est désormais plus connu : les Français qui étaient 53% à ne pas pouvoir s’exprimer à son sujet lors de la dernière vague ne sont désormais plus que 44% (-9 points). Mais dans le même temps, sa récente notoriété joue en sa défaveur, avec une nette augmentation des mauvaises opinions, passées de 33% en janvier à 42% aujourd‘hui (+9 points).

Le recul de la popularité de Marine Le Pen se poursuit
Enfin, le taux d’opinion favorable à Marine Le Pen faiblit légèrement et elle perd 2 points auprès de l’ensemble des Français. En obtenant seulement 20% d’opinion favorable, elle atteint son plus faible niveau depuis février 2010. Bien que la présidente du Front National conserve sa position de personnalité la plus appréciée auprès de son électorat, elle subit néanmoins une chute de 13 points d’opinions favorables et s’établit désormais à 77% (le plus bas niveau depuis fin 2009). Marine Le Pen confirme ainsi l’essoufflement de son parti et le recul observé auprès de ses sympathisants depuis sa défaite aux élections présidentielles.

Source : Voir le baromètre de l’action politique Ipsos