Bernard-Henri Lévy est né le 5 novembre 1948 à Béni Saf (Algérie) dans une famille juive. Il est le fils d’André Lévy, engagé volontaire à l’âge de 18 ans dans l’Espagne républicaine, et de Dina Siboni. Il a un frère Philippe et une sœur, Véronique, convertie au catholicisme en 2013. Son arrière grand-père maternel était rabbin de Tlemcen.

Après avoir passé plusieurs années au Maroc, alors sous protectorat français, sa famille s’installe à Neuilly-sur-Seine en France en 1954. Après des études au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seinepuis deux années préparatoires au lycée Louis-le-Grand, il entre en 1968 à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm où il a comme professeurs Jacques Derrida et Louis Althusser. Il publie un premier article dans la revue Les Temps modernes intitulé « Mexique, nationalisation de l’impérialisme » à la suite d’un séjour au Mexique en 1969.

En mai 1994, il présente au festival de Cannes « Bosna ! », le film qu’il a tourné dans Sarajevo assiégée, dans les tranchées tenues par l’armée bosniaque et dans les combats que celle-ci mène contre les milices serbes. Jean Daniel consacre au film un éditorial très élogieux sous le titre « Malraux ou rien » dans le Nouvel Observateur du 12 mai 1994. « Bosna, le film que Bernard-Henri Lévy présente cette semaine au festival de Cannes, est écrit Jean Daniel un grand pamphlet politique. C’est une œuvre forte, très forte, efficace, bien conduite, avec un authentique souffle épique. C’est sans doute le réquisitoire le plus implacable contre ce que l’on pourrait appeler la politique de non-intervention européenne dans la tragédie bosniaque. On est constamment saisi au collet, pressé de rejoindre le narrateur, entraîné par sa pugnace ferveur et même son lyrisme débridé ».

Puis, dans la foulée du film, à l’occasion des élections européennes, il a, depuis le tremplin constitué par l’émission L’Heure de vérité, animée par François-Henri de Virieu, lancé l’idée de la liste « L’Europe commence à Sarajevo » pour contraindre les partis politiques à prendre en compte la situation dans les Balkans. Dirigée par Léon Schwartzenberg, elle comprend, outre Bernard-Henri Lévy, Romain GoupilPascal BrucknerAndré GlucksmannMichel PolacAlain Touraine51… De nombreuses personnalités soutiendront la liste tels : Marek HalterSusan Sontag et Paul Auster, la Sud-Africaine, prix Nobel de littérature, Nadine Gordimer, l’ancien maire de Belgrade Bogdan Bogdanović. Cependant, le 30 mai, à quelques jours des élections, Bernard-Henri Lévy annonce le retrait de la liste, déclarant : « L’effet a atteint tous les objectifs possibles, on ne peut pas faire mieux, le but n’a jamais été d’envoyer cinq députés pro-Bosniaques à Strasbourg, mais de faire que chaque député européen ait la Bosnie en tête ». Maintenue par Léon Schwartzenberg, cette liste, qui avait été créditée un temps de 12 % d’intentions de vote, obtiendra finalement 1 % des suffrages exprimés.

Contre la purification ethnique au Kosovo et, surtout, contre l’islamisme radical, il publie en octobre 1994 La Pureté dangereuse, Grasset. Son combat pour les intellectuels de Bosnie-Herzégovinese poursuit et débouche sur la publication en février 1996 du livre Le Lys et la Cendre, Journal d’un écrivain au temps de la guerre de Bosnie, Grasset.

En 1995, dans les colonnes du Point, il dénonce l’attribution de la Palme d’or à Cannes cette année-là à Emir Kusturica et son film Underground. Contrairement à Alain Finkielkraut, il verra, lui, en revanche, le film et rendra hommage au talent du cinéaste comme en témoigne l’entier Bloc-Notes qu’il y consacrera lors de sa sortie en salles. « J’avais écrit, ici même, que j’entendais juger sur pièces « Underground » de Kusturica, écrit Bernard-Henri Lévy dans ce Bloc-Notes. Je m’étais interdit — contrairement à d’autres — la tentation d’un « politiquement correct » qui ne trouvait, il faut bien l’admettre, que trop de matière à s’exercer dans les déclarations mêmes du cinéaste. J’attendais, autrement dit, de voir le film et ne voulais le juger qu’à l’aune de ce qu’il exprimait vraiment. Je l’ai vu, aujourd’hui et hier. Je l’ai fait aussi scrupuleusement que possible, en oubliant les choix politiques de l’auteur, son bruyant soutien à Milošević ainsi que les injures dont il ne cesse de m’abreuver. Eh bien, si prévenu que je fusse contre l’infamie du personnage, l’honnêteté m’oblige à dire que j’y ai trouvé un souffle, un rythme, une intelligence des êtres et des situations, une cocasserie, un sens de la farce et du tragique, du carnaval et de la souffrance, un humour désespéré, une force, qui le placent très au-dessus de ce que l’on peut voir, ces temps-ci, sur les écrans. Kusturica est, sûrement, un collaborateur de la Grande Serbie. Mais son film est, peut-être, un chef-d’œuvre ».

En 1997, il réalise au Mexique un film de fiction, Le Jour et la Nuit, mettant en scène son épouse Arielle Dombasle, mais aussi Alain DelonLauren Bacall et Karl Zéro. Le scénario fut coécrit par Bernard-Henri Lévy et Jean-Paul Enthoven. Ce film fut un fiasco retentissant tant critique que public, et demeure à ce jour sa seule tentative de cinéma de fiction. Face à cet échec, BHL regretta en particulier « d’avoir été mégalo » et d’avoir fait « trop grand, trop fort, trop beau, trop tout ». Les Cahiers du cinéma l’ont qualifié de « plus mauvais film français depuis des décennies », et ont regretté que de l’argent du cinéma mexicain soit allé à ce film plutôt qu’à des cinéastes mexicains « qui auraient mieux su l’utiliser. »56

En 2000, il publie Le Siècle de Sartre aux éditions Grasset.

Fin 2001, il soutient l’intervention américaine en Afghanistan et proclame en novembre 2001 à propos de cette intervention : « la victoire éclair d’une stratégie que nous n’étions pas bien nombreux à juger d’une habileté, d’une efficacité militaro-politique insoupçonnées. »57

En juin 2000, il fonde avec Alain Finkielkraut et Benny Lévy, à Jérusalem, l’Institut d’études lévinassiennes, consacré à la pensée et à l’œuvre du philosophe Emmanuel Lévinas.

En février 2002, le président de la République Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin confient à Bernard-Henri Lévy la mission de reconstruction culturelle d’un Afghanistan libre. À son retour en France au printemps, Lévy présente son Rapport au Président de la République et au Premier Ministre sur la contribution de la France à la reconstruction de l’Afghanistan publié par La documentation Française et Grasset, qui comporte en seule annexe : un discours de Bernard-Henri.

En 2002 et 2003, il ne se positionne pas contre la guerre en Irak. Dans un article publié en 2002, il écrit que « [c]e n’est pas ici que l’on défendra ce massacreur de Kurdes et de chiites, ce terroriste, ce mégalomane suicidaire, ce fou, ce Néron actionniste dont, en 1998 déjà, Massoud me confiait qu’il était en possession d’armes chimiques et bactériologiques massives. »). Pour ces raisons, il trouve cette guerre « moralement justifiée », mais aussi « politiquement désastreuse » notamment à cause des conséquences négatives qu’il entrevoit en matière de lutte contre le terrorisme60.

En mai 2003, il publie Qui a tué Daniel Pearl ? aux éditions Grasset. En citant les noms de ses informateurs Pakistanais, il expose ceux-ci aux représailles des talibans.

En juillet 2005, il participe au colloque consacré à Jean-Paul Sartre au centre culturel international de Cerisy.