La fin des années 1960 marque les premiers prémices de la crise que révèle le choc pétrolier de 1973. L’incapacité de l’État à répondre à la montée brutale du chômage dans les années 1970 permet aux économistes libéraux de retrouver leur audience passée. Les idées de Hayek et de l’École autrichienne finissent par prendre l’envergure de celles de Keynes, tandis que de nouveaux courants de penseurs libéraux (nouveaux classiques, monétaristes…) apparaissent et expliquent comment l’intervention de l’État a mené à la crise, à l’inflation et au déséquilibre.

En 1979, l’élection de Margaret Thatcher à la tête du Royaume-Uni annonce de grands changement dans ce pays où l’État et les syndicats sont des acteurs importants de la vie économique. Entre 1979 et 1996 le nombre de fonctionnaires passe de plus de 700 000 à moins de 500 000. Les grandes entreprises britanniques sont privatisées (elles représentaient près de 12 % du PIB). Le taux de syndicalisation passe de 52 % en 1980 à environ 30 % en 1996. Le gouvernement réduit la part de la dette de l’État dans le PIB. À leur retour au pouvoir, les travaillistes recueillent certains héritages du thatcherisme dans leur nouveau programme à visée centriste de la « troisième voie ».

En 1980, Ronald Reagan, converti comme Margaret Thatcher aux idées de Friedrich Hayek[3], est élu à la présidence des États-Unis. Reagan possédait de très fortes convictions personnelles sur l’importance d’un taux marginal d’imposition raisonnable, qu’il avait acquises lorsque, acteur, il était sujet à un taux supérieur à 90 %[4] ; il imaginait que l’effet dissuasif s’appliquait à tous. Cette expérience inspire fortement ses mesures de baisse des impôts. Il s’oppose aussi fermement à l’inflation, dont il considère les effets injustes. Pour lui, les problèmes économiques ne peuvent être résolus par l’État, l’État étant lui-même le problème[5]. Sur les conseils des « supply siders », héritiers de J-B Say qui font du soutien de l’offre (de la production) la priorité, l’administration américaine relance l’initiative privée par des abaissements fiscaux sans précédent.

En France, le premier gouvernement socialiste de la Ve république, sous la présidence de François Mitterrand, applique son programme de nationalisations et de relance les deux premières années, puis déclare faire une « pause », et bloque les salaires afin de restaurer l’équilibre monétaire. Cette politique, qui ne fait que résoudre le problème de l’inflation, est suivie à partir de 1986 de la privatisation de la plupart des grands groupes sous des gouvernements successivement de droite puis de gauche.

La chute de l’Union soviétique en 1991 provoque la libéralisation progressive des économies de la Russie et des pays d’Europe de l’Est. La Chine se convertit à l’économie de marché et rejoint l’OMC (en 2001).

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