Depuis, il témoigne dans la France entière de cette guérison, survenue un beau jour, dans un bar. Pour La Vie, il livre le sens de sa foi et ses conseils spirituels.

« Désespéré, je retourne au bistrot, rue Colonel-Fabien. Il est 18H30. Il fait très froid, moins dix degrés dehors, je sais que je vais mourir. Je vais boire, puis je m’allongerai sous l’abribus, devant le bistrot, et la mort glacée viendra me saisir en douceur. Je commande un demi. Je le paie, je le vide. J’en commande un autre. Soudain, j’entends une voix en moi qui me dit ‘Lève-toi, marche, Claude, c’est ton heure ? Je suis là. Moi, je t’aime ».
Il se lève, droit, maigre ; devant la table de formica de son salon-chambre à coucher, comme s’il venait d’entendre la voix.
« Moi qui ne suis jamais rentré dans une église – quand mon frère s’est marié, je suis resté au bistrot, ma « chapelle » – je sais que c’est Dieu qui me parle. Qui veux-tu que ça soit ? Il n’y a plus que Dieu pour croire en moi, moi qui ne crois pas en Lui. Je regarde la pendule, elle affiche 19H10. Je demande où est le téléphone… ».

Claude renifle. Les mots d’étranglent. Onze ans plus tard, il revit la scène. D’un doigt noueux, il fixe, au mur, une invisible pendule…
« …Dieu m’a parlé à 19H10. J’ai réussi à me lever, j’ai marché jusqu’au combiné, j’ai appelé Serge : « Ici, c’est Claude le voyou, je suis bourré, je vais crever… » Il me demande : « Où es-tu ? » Je lui indique. Il répond : « J’arrive, attends-moi, je viens de chercher ». Je paie la communication, je sors, sans boire le deuxième demi. J’attends sous l’arrêt de bus, mais ce n’est pas la mort qui va passer, c’est la Vie.
Au bout d’une heure, une voiture arrive, une portière s’ouvre ; Serge est au volant, sa femme me demande : « Vous êtes Claude ? Montez ». Ils m’emmènent chez eux, de l’autre côté de Paris, m’offrent un bon lit ; les deux enfants m’accueillent comme quelqu’un de la famille. Je dors comme un bébé.

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