Né le 26 janvier 1943 à Paris, Bernard Tapie n’a jamais réellement fait d’études, préférant de loin la maîtrise du discours avant les diplômes.

Il a débuté en tant que simple vendeur de télévisions en faisant du porte à porte. Très vite, sa technique et son langage plaisent et accrochent le public. Il ouvre dès 1967 des écoles de vente. Il comprend rapidement que racheter des entreprises en difficulté pour les revendre après les avoir redressé peut générer beaucoup d’argent. Il a successivement fait l’acquisition de SAFT-Mazda, Teraillon, Testut ou encore Manufrance.

Mais ce qui marquera à jamais son histoire, est sans nul doute l’affaire Adidas. Le Groupe Bernard Tapie acquiert en 1990 Adidas à l’aide d’un financement d’une filiale du Crédit Lyonnais. Après une très grosse perte en 1992, le Crédit Lyonnais décide de céder l’entreprise à Robert Louis-Dreyfus. Et c’est au moment de cette vente que l’affaire entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais a débuté. Ce feuilleton judiciaire vient de se terminer par une victoire de Bernard Tapie et une indemnité de 100 millions d’euros.

Sous l’impulsion de Marcel Loichot, Bernard Tapie devient ensuite consultant (« ingénieur-conseil » à l’époque) au sein du cabinet de conseil SEMA spécialisé en redressement d’entreprises. En 1977, il se met à son compte et se spécialise dans le rachat d’entreprises en dépôt de bilan. Le 23 octobre 1980, à la suite du dépôt de bilan de la société Manufrance prononcé par le tribunal de commerce de Saint-Étienne, sans réussir à mettre la main sur les actifs de l’entreprise, il obtiendra l’exploitation de la marque Manufrance. Il fait ensuite parler de lui dans les médias pour la première fois en 1980, après avoir racheté très en dessous de leur valeur les châteaux du dictateur de la République centrafricaine Jean-Bedel Bokassa, en lui faisant croire que ses châteaux allaient être saisis par les autorités françaises. Bokassa porte plainte contre Bernard Tapie, le tribunal d’Abidjan fait annuler la vente, ce qui est confirmé par un jugement exécutoire du Tribunal de grande instance de Paris, le 10 décembre 19816.

Dans les années 1980, Bernard Tapie accélère le rythme des rachats d’entreprises.

Ses sociétés les plus connues sont Terraillon (rachetée 1 FRF en 1981, revendue 125 millions de francs en 1986 à l’américain Measurement Specialities) ; Look(rachetée 1 franc en 1983, revendue pour 260 millions de francs en 1988 au propriétaire des montres suisses Ebel), La Vie claire (rachetée 1 franc en 1980, revendue à Distriborg par le CDR en 1995) ; Testut (rachetée 1 franc en 1983, revendue par le CDR en 1999 au groupe américano-suisse Mettler Toledo) ; Wonder (rachetée 1 franc en 1984, revendue pour 470 millions de francs en 1988 à l’américain Ralston) ; Donnay (rachetée 1 franc en 1988, revendue pour 100 millions de francs en 1991 à la région Wallonne).* En 1986 une publicité met en scène Bernard Tapie avec le slogan  » Je marche à la wonder