On peut penser ce que l’on veut de Donald Trump (et même beaucoup de mal), en faisant bombarder la base aérienne syrienne, le président des Etats-Unis a montré au monde entier qu’il avait des « couilles ». Ne pouvant accepter l’attaque au gaz chimique décidée, mardi dernier, par Bachar El Assad contre des populations civiles, provoquant la mort de 86 hommes, femmes et enfants innocents, Donald Trump a fait preuve d’exemplarité en recourant à la force contre le dictateur syrien.

Nous découvrons à cette occasion chez cet homme vilipendé, et souvent à juste titre, par tous les démocrates du monde libre, des qualités insoupçonnées : de l’humanité au plan personnel, de la morale au plan politique. Voilà un homme qui s’affranchit en effet des codes politiques, des contorsions diplomatiques, du bavardage onusien, et nous rappelle que la dignité prime toutes les compromissions. Dans ce pays – les Etats-Unis – très chrétien, les notions de Bien et de Mal ont encore un sens, et c’est tant mieux. Comme quoi un discours primaire chez un dirigeant peut avoir du bon.

Dans l’affaire syrienne, les pays occidentaux ont toujours fait preuve et continuent de faire preuve de lâcheté – sauf la France qui, par la voix de François Hollande, sortant de son « mollasonnisme » légendaire, avait, en 2013, préconisé une attaque aérienne conjointe avec les Américains. Sans succès, comme l’on sait.

Le manque de courage après cette odieuse attaque chimique du dictateur syrien s’est traduit par ces réactions tiédasses des Occidentaux : « on n’a pas la preuve que c’est la Syrie qui a fait ça », ou bien « l’aviation syrienne visait un stock d’armes chimiques, pas des populations ». Hallucinant ! Hormis l’aviation russe en effet (mais on ne la voit guère s’adonner à pareille opération), quelle autre aviation que l’aviation syrienne pouvait commettre un tel méfait ?

Bachar El Assad est coupable. S’il ne l’est pas, qu’il le démontre ! Son passé de meurtrier, à cet égard, ne plaide guère en sa faveur. Mais, voilà, Bachar El Assad est « utile » aux Occidentaux : d’une part, il contient la poussée islamiste dans cette région du monde, d’autre part, l’autoritarisme de son régime assure une stabilité à la région tout entière. Il suffit,

il est vrai, de prendre l’exemple libyen pour se rendre compte à quel point un dictateur, Khadafi en l’espèce, est un étonnant stabilisateur politique, à quel point son élimination entraîne un pays, non préparé à la démocratie, dans une instabilité chronique.

Bachar El Assad est non seulement un « criminel de guerre », c’est aussi « un criminel contre l’humanité ». Tout le monde le sait. Donald Trump vient juste de nous le rappeler, promettant au dictateur de recommencer ses frappes aériennes si lui recommençait ses ignominies.

Finalement, la morale a peut-être un avenir un politique ! A Donald Trump de le montrer à présent dans tous les domaines de son action politique.

Michel Fize, sociologue

Vient de publier : La crise morale de la France et des Français (Mimésis)