Après toute une vague de défections, le candidat François Fillon se retrouve l’élu du Catholand qui constitue le dernier bastion, le dernier carré sur lequel il adosse sa résistance. Le réflexe pavlovien des Manifs pour tous a bien fonctionné; la foule de 2013, mise en branle par Frigide Barjot a retrouvé le chemin de la mobilisation, avec non plus la protestation contre la loi Taubira mais le soutien d’un candidat qui porte leurs valeurs.
Deux remarques à propos du rassemblement au Trocadéro de ce dimanche 5 mars
La première repose sur l’analyse de la sémantique utilisée. Au risque de se radicaliser François Fillon muscle son discours jusqu’au-boutiste en développant le thème du peuple contre les élus. Vieux cliché maurrassien qui irrigue la pensée nationaliste en installant le clivage entre Pays réel et Pays légal (pays légal essentiellement caractérisé par la domination politco-médiatique sur le peuple). On n’est pas loin de Donald Trump et de Marine Le Pen dont la pauvreté intellectuelle se rassure avec les clichés complotistes
La deuxième remarque est un phénomène sous-jacent qui se développe via les réseaux sociaux ou certains blogs:comme infochrétienne.com: les chaînes de prières se multiplient avec pour leitmotiv « Prions pour Fillon ».On ne peut retirer à personne le droit de prier pour tel ou c’est. C’est même la substance de la foi chrétienne, Mais si la prière devient l’ultime recours d’une élection, cela présage bien mal des institutions républicaines. Nous avons là le symptôme dramatique d’une faillite des institutions de la V° république dont le rôle est précisément d’assurer l’expression politique du vote démocratique. A soixante-deux jours de l’élection présidentielle nous assistons à la faillite  désastreuse du cadre institutionnel de notre pays où des millions de Français se sentent à tel point dépossédés qu’il n’ont plus de recours que dans la prière pour faire élire leur candidat
L’élection pour la magistrature suprême n’est pas une aventure ni une farce, encore moins une mise au pilori…
La question de la survie de nos institutions se pose donc en termes suffisamment précis pour que nous mesurions l’ampleur et l’urgence des mesures à prendre pour redonner à tous les électeurs de François Fillon ce qui leur a été confisqué: le simple droit à l’expression démocratique
N.De Neuville