Sans recette publicitaire, Le Canard ne vit que de ses ventes et affiche pourtant une belle santé financière : en 2016, il a réalisé 24 millions de chiffre d’affaires et deux millions d’euros de bénéfices après impôt. Il refuse d’accueillir dans ses huit pages la moindre publicité , ce qui en fait un cas rare dans la presse hebdomadaire française. En refusant la « manne publicitaire », il est « le seul journal qui renseigne le public sur l’influence nocive de la publicité dans les médias », selon le Groupe Marcuse (Mouvement Autonome de Réflexion Critique à l’Usage des Survivants de l’Économie).

Ses statuts (SA Les Éditions Maréchal) le préservent de toute intervention extérieure (cela depuis une tentative de prise en main par le groupe Hachette, en 1953), puisque seuls sont actionnaires ceux qui y travaillent, ainsi que les fondateurs (les 1 000 titres du journal sont incessibles et sans valeur).

Sa « bonne santé financière » lui a permis de passer à la photocomposition en 1982, puis en publication assistée par ordinateur en 1996. Chaque année les bénéfices sont mis « en réserve » pour assurer l’indépendance financière. Ces réserves, trois fois plus importantes que le chiffre d’affaires annuel, sont placées sur un compte non rémunéré ; la réserve totale est estimée en 2016 à une centaine de millions d’euros. Les 65 salariés du journal (chiffre en 2014) sont parmi les mieux payés de toute la presse française. En contrepartie, les rédacteurs ne peuvent ni jouer en bourse, ni faire des piges ailleurs, ni accepter de cadeau ou d’honneur, notamment les décorations officielles.

Le Canard enchaîné emploie une trentaine de journalistes régulièrement. L’écart des salaires est d’un rapport de 1 à 4. L’un d’eux estime qu’il gagne 4 500 € net par mois, primes comprises.

L’hebdomadaire est imprimé le mardi en début d’après-midi