Le clitoris du grec κλειτορίς, kleitorís, dérivé de κλειτύς, kleitús, pente, flanc de coteau est symbole de l’autonomie sexuelle de la femme, il reste un objet de mystère pour la gente masculine, mais aussi un objet de crainte. En effet, 95 % des femmes accèdent à l’orgasme en quelques minutes en le stimulant elles-mêmes. Au Moyen-âge, il était même nommé « le mépris de l’homme » dans certaines régions d’Europe.

Pour mieux comprendre le phénomène, quelques notions d’anatomie sont nécessaires. Le clitoris est constitué également d’un gland (à l’identique du pénis), qui lui donne cette jolie appellation de « bouton de rose », une partie visible située aux extrémités antérieures des petites lèvres. Il est extrêmement riche en corpuscules de Krause, les capteurs de sensations de plaisir, jusqu’à 2 à 3 fois plus que le gland du sexe de l’homme.

Sa taille varie en fonction des femmes, bien sûr. Il est composé également d’une « tige », une sorte de petit cylindre dans la prolongation du gland, qui remonte sur l’os du pubis et se divise en deux racines latérales, au bord du vagin. Le gland, comme la tige et l’entrée du vagin, sont très excitables.

Si pour l’homme, l’éjaculation est un objectif qui va de pair avec l’érection, il en va tout autrement pour les femmes. « Hormis le cas des femmes fontaines, qui reste une exception, et un mystère à la fois« . Plus que l’éjaculation, c’est avant tout la quête d’orgasme, qui prime. « En consultation, nombreuses sont celles qui se plaignent de ne pas en avoir » confie notre expert.

Or c’est bien autour de l’érection de ce clitoris que se cache une clé du plaisir à portée de main. La provoquer en solo, pour accéder à l’orgasme peut permettre ensuite pendant la pénétration de mieux maîtriser cette stimulation.

C’est au XVIe siècle que la littérature médicale reconnaît l’existence du clitoris pour la première fois. En 1545 Charles Estienne identifie le clitoris auquel il attribue des fonctions urinaires Il donne lieu à des querelles : Realdo Colombo, qui enseigne la chirurgie à l’université de Padoue en Italie, publie en 1559 un ouvrage intitulé De re anatomica dans lequel il décrit le « siège du plaisir féminin », « un organe si joli et tellement utile ». Son successeur à Padoue, Gabriele Falloppio (qui donnera son nom aux trompes de Fallope) affirme qu’il était le premier à découvrir le clitoris en 156. À la même époque, le réputé Vesalius (prédécesseur de Colombo et de Falloppio) décrit les organes reproducteurs des femmes, mais est opposé à la normalité du clitoris, qu’il attribue à une déformation hermaphrodite. En 1573, Jacques Daléchamps, médecin français justifie la clitoridectomie par une malformation hermaphrodite, à laquelle il faut ajouter sa lecture d’Aétios d’Amida et la confusion entre les mots : nymphe, nymphotomia et clitoris