2017 sera-t-elle un tournant décisif dans la lutte contre le braconnage des éléphants d’Afrique ? Le gouvernement chinois ayant annoncé qu’il souhaitait mettre un terme au commerce et à la transformation de l’ivoire d’ici la fin de l’année, nous avons quelques bonnes raisons de l’espérer…

La Chine, premier consommateur d’ivoire

Bien que Pékin soit signataire de la Cites*, qui interdit presque toutes les formes de négoce international sur les défenses d’éléphants, la Chine demeure le premier consommateur mondial d’ivoire de contrebande. Près de 30 000 éléphants d’Afrique sont abattus chaque année pour alimenter un trafic illégal d’ivoire porté par la demande asiatique.

La Tanzanie est l’un des pays les plus touchés : d’après un recensement récent, la population d’éléphants y a baissé de 60 % entre 2009 et 2014. Même au sein de la réserve de Sélous, la plus grande du pays, l’espèce n’est plus en sécurité : six éléphants y ont été tués chaque jour entre 2010 et 2013.

 

Face au fléau du braconnage, le WWF riposte

Pour enrayer le fléau du trafic illégal, le WWF s’efforce notamment de faire baisser la demande en ivoire et travaille avec TRAFFIC** au renforcement des restrictions sur le commerce de l’ivoire.

En 2015, le WWF Hong Kong a mené une vaste campagne de mobilisation, publiant un rapport implacable sur les failles du système législatif dans lesquelles les trafiquants ne manquent pas de s’engouffrer. La pétition lancée a récolté plus de 66 000 signatures.

Quant aux actions de lobby menées dans l’ombre, elles ont sûrement aussi porté leurs fruits puisqu’en décembre 2015, le conseil législatif de la ville, considérée comme l’une des plaques tournantes du trafic d’ivoire, a adopté une motion spéciale appelant le gouvernement à aller plus loin dans la restriction du commerce de l’ivoire, y compris jusqu’à son interdiction. 

Enfin, en juillet 2016, le WWF et TRAFFIC ont publié une étude prouvant la faisabilité de l’interdiction du commerce d’ivoire en Chine.

 

Un pas décisif pour la protection des éléphants

En 2016, les présidents chinois et amércain, Xi Jinping et Barack Obama, avaient promis de « prendre des mesures fortes en temps utiles pour faire cesser le commerce intérieur de l’ivoire ».

Or, le 30 décembre dernier, la Chine a fait savoir qu’elle allait arrêter peu à peu la vente et la transformation de l’ivoire à des fins commerciales d’ici fin 2017, espérant ainsi contribuer à lutter contre le braconnage des éléphants d’Afrique. Dès la fin du mois de mars, une première vague d’ateliers et de vendeurs devront cesser leurs activités. La fermeture des autres commerces devrait suivre.
Cette annonce de Pékin s’inscrit dans le prolongement de la décision chinoise annoncée en mars dernier d’étendre l’interdiction d’importation de l’ivoire et de ses produits dérivés acquis avant 1975.

Un signal fort susceptible de porter un coup au trafic illégal à l’origine du massacre de tant de pachydermes en Afrique.

C’est avec des décisions politiques courageuses telles que celle-ci et de nombreux efforts de sensibilisation que l’on parviendra peu à peu à changer les mentalités. L’ivoire devenu « désuet », il ne sera plus l’objet de convoitise. De fait, la demande baissera et la contrebande n’aura plus lieu d’être…

* Convention sur le commerce international des espèces de faune et de la flore sauvages menacées d’extinction (Cites)
** Réseau de surveillance du commerce d’animaux sauvages