Notre premier ministre nous a expliqué vouloir réduire le nombre de morts et de blessés graves sur la route en abaissant la vitesse maximale autorisée sur les routes à deux voies de 90 à 80 km/h, accessoirement, par les médias consensuels, il nous a fait promettre de colossales économies de carburant. Comme il est aussi très élégant notre Edouard Philippe a même précisé que «l’objectif, ça n’est pas d’emmerder le monde. » En son temps, le président Pompidou avait conjuré Jacques Chirac « d’arrêter d’emmerder les Français », mais c’était sans doute le seul langage qu’aurait pu comprendre son ministre qui d’ailleurs n’en a pas tenu compte. Un mois après cette mise en service et à l’occasion d’un voyage entre Senlis et Aix en Provence par la route et l’autoroute, j’ai pu me rendre compte de la sottise, à mon avis, de l’essai ministériel.

 

J’ai le permis depuis 1965, soit 53 ans, j’ai certainement parcouru 1 000 000 de km sans accident autre que deux ou trois très légers accrochages et je n ‘ai, pour le moment été pénalisé que d’un point pour excès de vitesse : environ 95 km/h sur l’autoroute à la sortie d’Aix-en-Provence, d’autres excès n’ont pas été repérés car je roule plutôt vite quand c’est possible, mais là n’est pas vraiment la question. Comme je suis retraité, j’ai du temps libre et très souvent, au retour de Paris, j’emprunte des routes buissonnières, loin des autoroutes et de la foule.

 

 

 

Il y a quelques semaines, je traversais l’Oise, la Seine et Marne et l’Yonne par Meaux, Provins, Sens, Chablis et Avallon où un hôtel agréable m’attendait pour une petite halte, puis ensuite Avallon, Saulieu, Arnay-le-Duc, Chalons, Sennecey-le-Grand et Tournus où je prenais l’autoroute vers le midi. Je faisais ce chemin à 90 km/h seulement, mais avec la vigilance qu’il convient en conduisant, sauf dans les agglomérations et quelques passages indiqués plus lentement. Je trouvais que sur ces voies souvent rectilignes et avec très peu de circulation, c’était une vitesse bien basse.

Cette semaine, j’ai fait ce même trajet à 80 km/h, c’est donc un peu pire, mais je ne vous ai pas encore tout dit et notre ministre ne nous l’avais lui-même pas signalé, ou alors j’avais mal écouté, ce qui est très possible car j’essaie de zapper beaucoup de choses qui semblent intéressantes seulement pour le microcosme parisien, mais plus pour moi. Il me semblait que le 90 km/h était maintenu si les voies montantes et descendantes étaient séparées par un muret ou un terre-plein. Que nenni, je l’ai vérifié, particulièrement entre Avallon et Chalons où la route est belle, peu fréquentée, mais souvent à trois voies, séparées par de la peinture blanche en deux voies et une voie. Notre gouvernement, sur ces tronçons, de 400 à 2000 mètres a fait installer de rutilants nouveaux panneaux de 90 km/h.

Essayez de rouler confortablement avec votre régulateur en changeant sans arrêt votre vitesse, vous verrez l’économie indiquée par le premier ministre. Dire que cette personne est en charge de notre bien et de l’économie ! Petite touche supplémentaire, entre ces panneaux à 90 et 80, subsistent un nombre important de limitation à 70 km/h. Contrairement à notre ministre je ne pense pas que sa mesure soit établie seulement pour emmerder les français, elle l’est aussi pour les pénaliser triplement : le coût des panneaux supplémentaires et des changements, les PV supplémentaires et les pertes de points pour quelques km/h bien moins dangereux que le manque de vigilance. Sans doute s’agissait-il aussi de plaire à un lobby bien introduit.

 

Il semble aussi que ce ministre ait affirmé que si cette mesure n’apportait pas d’effet positif, elle serait annulée, mais je ne le crois pas. Je pense même que lui et ses services maquilleront les statistiques pour qu’il apparaisse au moins un semblant d’efficacité