En 1975, le premier mouvement de prostituées voit le jour avec l’occupation de l’église Saint-Nizier à Lyon et la Chapelle Saint-Bernard-de-Montparnasse à Paris. Grisélidis Réal fait partie des leaders de ce mouvement qui revendique un statut pour les prostituées, la sécurité sociale, la fin de la répression policière, et s’opposent à la réouverture des maisons.
Au XXIe siècle, la lutte contre le proxénétisme s’accroit et entraine la fermeture de beaucoup de maisons. La loi pour la sécurité intérieure dite loi Sarkozy, dont l’article 225-10-1 vise le racolage, promulguée le 19 mars 2003, provoque l’apparition d’un second mouvement de prostituées en 2002. Depuis 2006, a lieu chaque année à Paris la « Pute Pride » une marche de fierté des travailleuses du sexe.
Certaines travailleuses du sexe en France ne sont pas en faveur de législations contraignantes telles les maisons de tolérance, qui ne leur permettent pas de conserver le choix de leurs clients, pratiques, horaires, prévention, etc. Les travailleuses du sexe, réunies en Assises le 16 mars 2007, ont conclu à l’unanimité qu’elles étaient contre le salariat .
En novembre 2007, des prostituées et leurs alliés poursuivent leur contestation de la répression du racolage en se rassemblant devant le Sénat et interpellent à nouveau les parlementaires.
Le racolage dans la rue étant de plus en plus réprimé et réputé dangereux, certaines prostituées préfèrent en 2008 en France, nouer des contacts sur Internet. Une partie des prostituées française s’exile à l’étranger, notamment dans les zones frontalières et on relève, dans le domaine de la prostitution occasionnelle, l’apparition de l’échange de services sexuels contre un logement.
Le 20 mars 2009, à l’issue des Assises Européennes de la Prostitution qui ont eu lieu au théâtre de l‘Odéon est né le STRASS (Syndicat du TRAvail Sexuel). Dès sa création, ce syndicat a reçu l’adhésion d’au moins 200 membres et créé 5 fédérations au niveau national, ainsi qu’une représentation en Grande-Bretagne.
La France, qui a été le pays d’origine du réglementarisme, change d’orientation en 1946 avec la loi « Marthe Richard » et adopte un régime abolitionniste qui ferme les maisons de tolérance et prévoit la création des services de prévention et de réadaptation sociale (SPRS).
Désormais, la loi interdit les lupanars et réprime le proxénétisme. Désormais libérées de la tutelle policière, les prostituées se multiplient. En 1953, les estimations les plus basses sont de 40 000 prostituées à Paris (les plus hautes parlent de 70 000), tandis que les bordels clandestins (les clandés) se multiplient (500 à Paris). Les brigades des mœurs, avec le feu vert du préfet, pratique tant bien que mal une tolérance forcée. On gère la situation, on ferme quelques maisons pour l’exemple.
Cependant, la loi Marthe Richard ne s’applique pas dans les colonies, ce qui explique pourquoi la France attendra 1960 pour signer la convention de l’ONU de 1949 « pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ». En effet, les autorités coloniales considèrent nécessaire de maintenir des bordels aux alentours des troupes coloniales, et donc organisent cette prostitution.
Dans la seconde moitié du XXe siècle apparaissent de nouvelles formes de prostitution auxquelles les autorités répondent tant bien quel mal, s’appuyant ici sur la répression du proxénétisme, là sur l’outrage aux bonnes mœurs ou l’interdiction du racolage.
Une ordonnance de 1958 va faciliter le travail de la police et faire passer le racolage du statut de délit, difficile à réprimer, à celui de contravention.