En 2002 le déficit du régime des intermittents du spectacle était de 866 millions d’euros. Ce déficit n’a ensuite jamais été inférieur à cette valeur malgré les réformes successives.

En 2009, 105 826 intermittents du spectacle ont été indemnisés par l’Unedic qui leur a versé 1,276 milliard d’euros pour 223 millions de cotisations versées. Le déficit s’élèvait ainsi à 1,054 milliard d’euros. Pour comparaison, ce déficit de plus d’un milliard d’euros pour près de 100.000 personnes, n’est que très légèrement inférieur à celui du régime général financé par les cotisations de 16 millions de salariés et qui, lui, bénéficie à plus de 2 millions d’allocataires! Un déficit que la Cour des comptes désigne comme une « une dérive massive »

Selon le site Actuchomage, ces 1,276 milliard ne font que 1 000 euros d’indemnité par mois par intermittent, soit sensiblement la même moyenne que pour les indemnités chômage dans le régime général (1 200 €). Pour l’association qui publie ce site d’information, les « véritables abus » seraient du côté des employeurs.

Le rapport 2012 de la Cour des comptes souligne que le déficit du régime des intermittents du spectacle représente « un tiers du déficit total de l’assurance chômage, alors même que seules 100.000 personnes en bénéficient ». Ainsi, selon ce rapport, durant les 10 dernières années, « le déficit cumulé du régime des intermittents s’est établi à un montant proche de l’endettement total du régime d’assurance chômage, soit 9,1 milliards d’euros à la fin 2010 ».Le rapport met en avant à quel point ce régime est favorable en comparaison du statut des intérimaires: les intermittents du spectacle « cotisent moins longtemps que les intérimaires (507 heures suffisent pour toucher le chômage, contre plus de 600 heures dans l’intérim) et profitent d’un niveau d’indemnisation supérieur à ces derniers ». Enfin, ce régime connait un niveau de fraude que la Cour des comptes évalue à « au moins 15 % des intermittents »