Le « taux d’administration », rapport entre le nombre de fonctionnaires et le nombre d’habitants, est en moyenne de 72 agents publics pour 1 000 habitants en métropole en 2015. Il est très différent d’une région à l’autre et, encore plus, d’un département à l’autre. Il est particulièrement élevé Outre-mer (85 pour 1 000), en Ile-de-France (82) et en Corse (80) malgré une relative faiblesse des emplois hospitaliers dans ces régions.

Si on met à part les régions présentant des taux élevés atypiques, l’écart est de presque 25 % entre la région la plus pourvue en fonctionnaires civils de l’Etat (PACA) et la moins pourvue (Pays-de-la-Loire) ; il est de 50 % entre la région la plus dotée en fonctionnaires publics locaux (PACA) et la moins dotée (Grand-Est) ; il est de 75 % entre la région la plus pourvue en fonctionnaires hospitaliers (Bourgogne-France-Comté) et la moins pourvue (La Réunion).

L’écart entre le taux d’administration le plus fort et le plus faible dans les départements, hors Paris, est d’environ 1 à 2 (pour l’ensemble des trois fonctions publiques et les fonctions publiques d’Etat et locale) ou d’environ 1 à 3 (pour les hôpitaux).

Les besoins de la population peuvent être mesurés avec d’autres critères que le nombre d’habitants et les services publics ne se ramènent pas au nombre de fonctionnaires. Il semble néanmoins, au vu de ces données, que la répartition des emplois publics ne corresponde pas aux besoins et que le principe d’égalité devant le service public soit loin d’être respecté. Hors Ile-de-France, la répartition des fonctionnaires civils de l’Etat répond toutefois un peu mieux aux besoins que celle des fonctionnaires locaux et hospitaliers. Ces statistiques montrent également que les départements ruraux sont loin d’être systématiquement défavorisés.

Il y a en moyenne 19 fonctionnaires pour 100 emplois en métropole et 28 pour 100 en Outre-Mer. Hors DOM et Corse (22 pour 100), l’écart est de 22 % entre la région où ce ratio est le plus élevé (les Hauts-de-France) et celle où il est le plus faible (les Pays-de-la-Loire). Ces écarts traduisent une forte solidarité, notamment entre les régions Pays-de-la-Loire, Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, d’un côté, et les régions d’Outre-Mer et la Corse mais aussi Les Hauts-de-France et l’Occitanie, d’un autre côté.

Pour mieux répartir les fonctionnaires, il faudrait renforcer leur mobilité. A défaut, les projets du Gouvernement d’un plan de départs volontaires et de recrutements de contractuels constituent une solution intéressante sous certaines réserves (cf. note).