Les premiers modèles d’harmonium sont apparus au milieu du 19e siècle. Dans le salon de familles aisées, on pouvait voir cet instrument à vent à un clavier dans le voisinage du piano à queue et de la harpe.

Les sons produits par ce petit meuble en chêne, noyer ou palissandre, évoquent l’harmonica ou l’accordéon par les jeux d’anches qui pincent l’air expulsé d’un réservoir actionné aux pieds par deux pédales. Mais aussi, un harmonium, par ses registres, par son souffle, n’est pas sans rappeler l’orgue, l’instrument-roi que les cathédrales et basiliques, seules, peuvent acquérir.

Des facteurs d’orgues ont alors saisi l’opportunité de doter les églises de campagne d’un instrument qui rythme les offices. Le marché était considérable au point que, pour satisfaire une demande exponentielle d’harmoniums, en un siècle -la dernière manufacture ayant fermé en 1965-, ce seront 170 000 instruments qui sortiront des ateliers Debain, Alexandre, Fourneaux, Christophe et Étienne, Dumont et Lelièvre, Bildé, Mustel, certains employant jusqu’à
l 000 salariés.

L’harmonium a aussi servi de gui-chant dans nos écoles pour connaître l’extinction brutale de son influence dès l’apparition des orgues électroniques. Depuis peu, en 2005, des recherches ont conduit « La Fédération des Amis de l’Harmonium » (FFAH) à la remise en état d’instruments trouvés le plus souvent dans des recoins insalubres. Certains sont devenus pièces de musées et des concerts ont lieu chaque année en France, aux Pay-Bas, en Allemagne.

Dominique LEFEBVRE
Harmoniumiste