index_opt

Né en 1949 à Colombes, Jean-Jacques Bourdin est animateur de radio et journaliste. A 66 ans, il a à nouveau fait parler de lui suite à ses propos lors d’une interview et à sa réponse à Marine Le Pen. Portrait de cet homme au caractère affirmé.

Un coup de chance lance sa carrière

Après avoir enchaîné les petits boulots, il rencontre en 1976 Raymond Castans, une chance qui lui permettra de faire son entrée au service des sports de RTL. Il y restera vingt-cinq ans. Fin de l’année 2000, il décide toutefois de démissionner après des désaccords avec la direction de la station radio. Dès 2001, il rejoint RMC comme conseiller d’Alain Weill, président de la station. Il prend alors un rôle essentiel en animant la matinale Bourdin and Co du lundi au vendredi. Tous les jours vers 8h30, il interviewe un responsable politique sur un fond de tension. Il faut dire que l’ambiance du plateau n’est pas spécialement faite pour mettre à l’aise l’invité. Confronté à un journaliste (Jean-Jacques Bourdin) à moins d’un mètre devant lui, le politicien doit aussi subir le ton particulier de son interlocuteur qui n’est clairement pas là pour lui faire des cadeaux. L’émission connait un certain succès grâce à sa façon de mener les dialogues. En 2007, il intègre BFM TV dans Bourdin Direct qui est diffusé le matin et qui reprend l’interview réalisé sur RMC info dans Bourdin and Co. On le retrouve également en 2010 en tant qu’animateur de l’émission sur les arnaqueurs de Julien Courbet « Abus de confiance ».

Impartial en politique

Questionner des Hommes politiques est une activité qui demande de l’objectivité. On ne doit rien laisser interférer un jugement. C’est en tout cas ce que l’on comprend de l’attitude adoptée par Jean-Jacques Bourdin. Se voulant totalement indépendant, il n’apprécie pas vraiment que ses confrères soient relativement proches des politiciens acceptant des invitations à déjeuner ou à dîner. Lui s’y refuse. A l’occasion de l’élection présidentielle de 2007, il coprésente le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. On apprendra plus tard que son vote personnel a été réalisé en faveur de François Bayrou au premier tour. Il votera blanc au second.

Des questions pièges en abondance

C’est l’une des marques de fabrique du journaliste : ses questions particulièrement précises font le buzz. A tel point que Jean-Jacques Bourdin avait dû supprimer la séquence de la « question politiquement concrète » dans sa matinale sur RMC juste avant les élections présidentielles de 2012. Il avait alors expliqué que cette question destinée à piéger les personnalités politiques « faisait du buzz et tuait tout le reste de l’interview […] ». « Mon travail et le travail journalistique de toute l’équipe est en train d’être étouffé par cette dernière question », avait-il déclaré. On lui connait toutefois plusieurs belles perles. Lors du débat Sarkozy / Royal en 2007, il a réussi à déstabiliser la candidate socialiste à propos du nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la marine française. Après avoir dit un, puis deux, le journaliste s’est empressé d’annoncer le chiffre de sept, ce qui était faux. En réalité, il y en avait quatre. Il a aussi demandé à Nicolas Sarkozy en 2012 le nombre exact de soldats français tués en Afghanistan. Belle acquisition également en 2010 où il demande à Didier Migaud, président de la Cour des Comptes « Combien font 7 fois 9 ». Il a reçu comme réponse « 76 ». Cette année aussi, Jean-Jacques Bourdin a réussi à prendre au piège la ministre du travail cette fois. Myriam El Khomri n’a en effet pas su répondre à la question « On peut le renouveler combien de fois le CDD ? ». Très régulièrement, il créé donc du buzz autour des paroles des politiciens, n’hésitant pas à les ridiculiser voire à les rendre nettement moins crédibles dans leurs fonctions. Il faut dire qu’un responsable de la Cour des Comptes qui ne sait pas compter ou une ministre du travail qui ne maîtrise pas les notions de CDD, c’est un peu un comble.

L’humour, une arme qu’il utilise savamment

L’histoire commence suite à un entretien entre le journaliste et Gilles Kepel, spécialiste de l’islam. Pendant l’échange, Jean-Jacques Bourdin associe les électeurs du Front National et les djihadistes français en parlant d’une « communauté d’esprit » sur « le repli identitaire ». La présidente de l’Extrême Droite n’a pas vraiment apprécié ces propos. Hors d’elle, elle a publié sur son compte Tweeter trois photos relatives aux crimes barbares commis par Daech ainsi que la phrase particulièrement piquante « #Daech c’est CA ! ». Marine Le Pen n’a pas hésité à choisir l’image de la décapitation du journaliste américain James Foley, un message plutôt symbolique visant un journaliste français : Jean-Jacques Bourdin. Lui, n’est pas tombé dans le piège de la réplique agressive et inutile. Il a simplement publié une photo de lui vêtu d’un pull rouge sur lequel on retrouve une chaussette de Noël avec un ourson. Petit message associé : « Noël c’est CA ! JJB ». Le petit sourire sur la photo en dit long… Difficile de croire que cela n’a pas énervé d’avantage la présidente du FN…

A.G