Beaucoup lui prédisent une mission impossible. Pourtant, beaucoup d’éléments poussent à croire que le nouveau Premier ministre peut réussir là où Theresa May avait échoué.


Les Britanniques se sont faits avoir plusieurs fois sur les fausses promesses de Boris Johnson ces dernières années. C’est vrai qu’aucun des portraits faits sur le nouveau Premier ministre par la presse britannique ou étrangère n’est florissant. « Menteur, impulsif ou opportuniste », c’est pourtant l’homme a la charge de résoudre en 3 mois ce qui ne l’a pas été en 3 ans : effectuer la sortie de l’Union européenne. Boris Johnson a été élu à la tête des Conservateurs pour régler la crise et il vient d’ailleurs de constituer un gouvernement ouvertement pro-Brexit.

Contrairement à Theresa May, Boris Johnson avait fait campagne pour la sortie de l’Union européenne. Sauf qu’après, on l’avait vu prendre ses distances avec la politique, avant de revenir en tant que ministre des Affaires étrangères de Theresa May. L’homme est un habitué des frasques et des approximations de chiffres. Mais dire la vérité à ses ressortissants, ce qui pourrait l’aider à obtenir le deal tant attendu. Quatre opportunités qui pourraient permettre à Boris Johnson de résoudre la situation avant le 31 octobre.


La 1ère opportunité, c’est le changement de relation avec les Européens. Boris Johnson devrait être beaucoup moins précautionneux et coopératif que Theresa May, qui a eu la réputation de toujours être correcte, mais floue avec les Européens. Lui est imprévisible et impulsif et dit les choses clairement. Et c’est peut-être ce dont ont besoin les Européens et les Britanniques pour qu’enfin une solution émerge. La relation de négociations avec les Européens sera beaucoup plus tendue mais beaucoup plus sincère. Surtout, la stratégie de Boris Johnson sera de préparer le no-deal pour obliger les Européens à céder sur les arrangements de l’accord existant qu’il aimerait. Et notamment la question de la frontière irlandaise, qui avait été réglé dans l’accord actuel par un backstop, c’est-à-dire une absence de frontière physique entre les deux Irlande, donc une Irlande du Nord toujours a minima dans l’Union européenne. Boris Johnson n’en veut pas.

La 2ème raison est le momentum, alors qu’on se trouve tout juste à un changement de gouvernance européenne. Le président actuel de la Commission Jean-Claude Juncker est sur le départ et l’allemande Ursula von der Leyen devrait prendre ses fonctions le 21 octobre, mais il est fort probable que son avis compte bien avant cette date. Ursula von der Leyen qui pourrait adopter la ligne de Merkel, à savoir sortir par le biais d’un accord pour préserver les intérêts de tout le monde et les échanges entre l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui sont primordiaux pour les deux partis.


La 3ème raison est purement politique. Les députés ont adopté un amendement pour empêcher Boris Johnson d’outrepasser le Parlement, comme ils avaient rendu le no-deal pratiquement impossible. Pas de passage en force, la seule solution, c’est donc l’accord, modifié ou non, que les députés pourraient finir par accepter. Boris Johnson lui-même avait voté, à la 3ème et dernière tentative, pour l’accord de Theresa May. C’est aussi la dernière chance pour les conservateurs d’engendrer le Brexit, qu’ils ont eux-mêmes créés. Et les députés en sont conscients. 


Boris Johnson, malgré son « Fuck business », reviendra aussi à la raison économique. La réalité des entreprises et de l’économie, en cas de Brexit sans accord, aurait un impact social trop important. Il ne se préoccupe pas de la réaction des patrons. Mais dire « Fuck business », c’est dire « Fuck voters » et l’homme opportuniste n’y est pas encore prêts.