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Retour du risque en Italie Par Simone Wapler

 

Gorgées de créances douteuses, les banques italiennes n’inspirent plus confiance et la dette italienne non plus.

Ca y est, les mouches ont changé d’âne : elles se sont posées sur l’Italie.

Depuis l’avènement de Macron, M. le Marché estime qu’il n’y a plus de « risque politique » en France. M. le Marché va continuer à nous prêter, à un tarif d’ami, pour nous permettre de faire les bêtises que nous voulons. Sur 10 ans, il ne nous demande que 0,87% d’intérêt. Il est confiant que nous rembourserons en euro sonnants et trébuchants.

En Italie, ce n’est pas la même chose. Pour prêter aux Italiens, M. le Marché demande quatre fois plus qu’aux Français, soit 2,28%.

L’Agefi :

« ‘Il semble que l’attention des marchés se soit très vite déportée sur les perspectives de sortie de la politique d’assouplissement de la BCE et sur les élections en Italie qui doivent intervenir au plus tard à la fin du premier trimestre 2018 et représentent sans doute une barrière encore plus dure à franchir‘, estime ING. Le marché monétaire euro a recommencé à anticiper une hausse de taux de la BCE de 10 pb [points de base] au cours des 12 prochains mois, avec une hausse du spread entre le rendement du Schatz à deux ans allemand contre le taux de swap euro au jour le jour (OIS) à un niveau de 40 pb. Yves Mersch, l’un des membres de la BCE, s’est écarté de sa vision habituellement pessimiste pour envisager une prochaine normalisation si l’activité et l’inflation poursuivent leur tendance actuelle. »

La BCE va rendre le crédit plus cher pour ses amis et le cas de l’Italie inquiète à nouveau M. le Marché, qui recommence à douter.

Et voilà que Giuseppe Vegas, le président de l’instance italienne de régulation des marchés, met de l’huile sur le feu.

Dans son dernier discours annuel, il critique l’interventionnisme de la BCE qui « a réduit la pression sur des pays comme le nôtre, qui plus que quiconque avait besoin de retrouver de la compétitivité, de la stabilité et de la convergence ».

La « convergence » désigne, en langage technocratique, le fait d’avoir des finances publiques qui tiennent la route.

Cela n’a pas marché : en dépit des milliards d’euros injectés, la compétitivité de l’Italie comparée à celle de l’Allemagne s’est dégradée de 30% en 20 ans. Désormais, la BCE se prépare à remonter ses taux et il sera trop tard, déplore Giuseppe Vegas.

L’Allemagne fait pression sur la BCE pour qu’elle réduise ses injections de crédit gratuit et relève ses taux avant ses propres élections de septembre.

Le bilan de la BCE dépasse 4 000 Mds€ et pèse maintenant 38,7% du PIB de la Zone euro. 1 800 Mds€ ont été créés pour racheter des obligations et donner du cash aux banques.

Actions et obligations sont à des sommets jamais atteints dans l’histoire financière.

En visite à La Haye, au parlement des Pays-Bas, Mario Draghi a été soumis à des questions très critiques concernant sa politique monétaire. A la fin d’une session houleuse, il s’est vu offrir une magnifique « tulipe solaire« .

En mémoire de la bulle de 1637

 En mémoire de la bulle de 1637

Il s’agissait évidemment de rappeler au président de la BCE que la bulle financière qu’il a gonflée laisserait probablement la même trace dans l’histoire financière que la fameuse bulle spéculative sur la tulipe qu’a connu la Hollande en 1637.

Les euros retrouvent une nationalité

Le scénario classique reprend : les capitaux, méfiants, reviennent dans leurs pays d’origine. Au dernier trimestre de 2016 les banques étrangères ont réduit de 15% leur exposition à l’Italie, selon la Banque des règlements internationaux. Les seules banques qui semblent avoir de l’appétit pour la dette italienne sont les banques italiennes.

La banque Monte dei Paschi di Siena, qui vient d’être recapitalisée, a annoncé de nouvelles pertes de 169 M€ pour ce premier trimestre 2016. Banco Popolare di Vicenza (BPVI) et Veneto Banca sont également en difficulté.

Une multitude de petits déposants se retrouvent avec des obligations bancaires logées dans leurs comptes épargnes. Un sauvetage selon la nouvelle procédure européenne dite de bail-in les ruinerait.

« La gestion de ces crises pourrait exiger des interventions qui ne sont pas compatibles avec les mécanismes de Francfort et Bruxelles » a indiqué Vegas.

Cette fois, les mouches pourraient avoir choisi le bon âne… Macron ou pas, la crise de l’euro n’est pas terminée.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

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