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Interview : Sibeth Ndiaye en marche avec Emmanuel Macron

 

Sibeth Ndiaye : L’engagement dans le syndicalisme étudiant vient de mon envie de changer les choses de manière concrète. Quand vous êtes élue étudiante, dans le conseil d’administration de votre université, vous avez l’opportunité de mener des projets, de négocier avec l’administration des changements et des évolutions qui changent concrètement  la vie des étudiants. C’est cela qui m’a passionnée. La politique, c’est venu plus tard avec l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, en 2002.

Comment avez-vous rencontré Emmanuel Macron et quelle a été votre première impression ?

Je l’ai rencontré pour la première fois à l’Elysée. Il était secrétaire général adjoint, et je travaillais pour Arnaud Montebourg. Il était d’un abord agréable, avec beaucoup d’humour. Mais je n’ai pas eu à l’époque l’occasion de travailler avec lui.

Quand Emmanuel Macron a annoncé la création de son mouvement, vous a t’-il immédiatement proposé de le rejoindre ? Avez-vous eu des réticences à rejoindre en Marche après avoir été si longtemps au PS ?

À cette période, je travaillais au sein de son cabinet et il avait souhaité séparer strictement les activités d’En Marche ! de celles du cabinet. Je n’ai su que le mouvement allait être lancé que la veille du 6 avril…

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce mouvement ?

La volonté de transcender les clivages existants, la tentative audacieuse pour essayer autre chose, et le sentiment que ça ne pouvait plus continuer comme avant, que les appareils existants ne réfléchissaient plus sur le monde et ses évolutions.

Vous avez travaillé auprès de différents hommes politiques dont Claude Bartolone, Dominique Strauss Kahn… Qu’est ce qui fait la singularité d’Emmanuel Macron selon vous ?  

La première fois qu’il a réuni son cabinet, il nous a dit une phrase qui m’a marquée : « Ne venez jamais me dire qu’on ne peut pas faire telle ou telle chose parce qu’on ne l’a jamais fait auparavant. » C’est quelqu’un de très libre et qui cherche en permanence à questionner le monde.

Nous partageons aussi un amour de la langue française et en particulier de la poésie. Je me rappelle toujours avec émotion qu’au décès de ma mère, il avait eu la délicatesse de m’offrir un livre de Roland Barthes, Journal de Deuil. Il m’a servi de livre de chevet pendant de longs mois.

On dit que vous êtes bien plus qu’une chargée des relations presse, que vous êtes une vraie conseillère et qu’il vous écoute beaucoup. Quel est votre rôle auprès de lui ?

Je travaille au sein d’une équipe. Dans cette équipe, chacun contribue par son regard, son parcours, ses idées, à le conseiller. Il apprécie de pouvoir bénéficier de points de vue différents, parfois divergents. C’est ce qui nourrit sa réflexion propre. Mais à la fin, il est celui qui tranche.

N’avez-vous jamais envisagé de vous lancer en politique ? Si Emmanuel Macron est élu Président quel serait votre rôle auprès de lui ?

Mais je suis déjà engagée politiquement ! Cette campagne occupe mes jours et mes nuits depuis plusieurs mois. Etre élu n’est pas l’alpha et l’omega de l’engagement politique… Quant à mon rôle futur auprès d’Emmanuel Macron, c’est à lui de vous le dire, pas à moi.

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