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Journée mondiale du souvenir transgenre – Les années passent, la transphobie continue de tuer

Chaque 20 novembre, année après année, rappelle la froide réalité de la haine à laquelle sont exposées les personnes transgenres. Cette date est depuis 1999 celle du TDoR (Transgender Day of Remembrance), journée mondiale à la mémoire des personnes assassinées ou poussées au suicide à raison de leur identité de genre. Cette journée a aussi pour objectif plus large de sensibiliser le grand public et les décideur·se·s sur la transphobie qui imprègne nos sociétés.
Entre le 1er octobre 2015 et le 30 septembre 2016, le projet de recherche Trans Murder Monitoring de l’association Transgender Europe a comptabilisé 295 personnes transgenres assassinées par transphobie dans le monde. Le caractère transphobe étant rarement pris en compte par les autorités, cela n’est que le compte effectué par des associations, dans les pays où l’une d’entre elles peut effectuer ce travail. La mort de nombreuses personnes isolées reste également silencieuse. Ces 295 crimes répertoriés ne sont donc que le sommet de l’iceberg.
Sans surprise, cette année encore, les femmes transgenres constituent la quasi totalité des victimes identifiées et les personnes socialement plus vulnérables (travailleur·se·s du sexe, migrant·e·s, personnes racisées…) se retrouvent majoritaires. L’Amérique latine où les violences urbaines contre les personnes transgenres sont très fréquentes paye le plus lourd tribut.
En France, une victime est répertoriée : Lorena Zarate Vilcas, tuée d’une balle dans la tête à Rouen en février. Depuis le 30 septembre, Niurkeli, assassinée fin octobre dans la région nantaise, est venue s’ajouter à la liste des victimes.
La Fédération LGBT ne perd pas de vue que si la violence transphobe s’exprime parfois si violemment, c’est qu’elle trouve racine dans une transphobie étatique et quotidienne.
En France, les personnes transgenres sont fragilisées et poussées dans la précarité : difficultés d’accès à des papiers d’identité conformes, refus d’actes médicaux nécessaires à la survie, politiques migratoires racistes, répression du travail sexuel, transphobie rampante dans les administrations, le milieu médical, le monde de l’éducation et au sein des forces de l’ordre… En l’absence d’engagement des pouvoirs publics pour mettre fin à la haine, les freins à une vie décente continuent de s’accumuler pour les personnes transgenres.

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